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TPIR: les détenus se déclarent "prisonniers politiques de l’ONU"

Arusha, Tanzanie (PANA) – La plupart des 55 détenu s à la prison du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha, en Tanzanie, ont accusé ce tribunal d’avoir failli à sa mission et ont estimé être des prisonniers politiques des Nations unies, dans une déclaration transmise mercredi à la PANA.

"Le TPIR nous a emprisonnés avant tout pour des motifs d’ordre politique. De ce fait, nous sommes des prisonniers politiques de l’Organisation des Nations unies", indique le document signé par 31 des 55 détenus.

"Nous allons désormais agir en tant que tels notamment en dénonçant devant l’opinion publique internationale l’iniquité des procès et des jugements rendus par ce tribunal sous le contrôle des criminels du FPR (Front patriotique rwandais, au pouvoir) et de ses puissants sponsors, avec pour mission inavouée d’imposer la justice du vainqueur", poursuit cette déclaration adressée au président du Conseil de sécurité de l'ONU.

Ces détenus accusent le bureau du procureur auprès du TPIR de s’être "ingénié à chercher, même en les fabriquant en complicité avec le FPR, des éléments de preuves pour les faire condamner".

Ils soutiennent par ailleurs que les juges du TPIR "ne se préoccupent guère de l’établissement de la vérité".

Les signataires de cette déclaation invitent "instamment" les autorités de l'ONU, particulièrement les membres du Conseil de sécurité, à "faire une analyse objective de l’action judiciaire du TPIR en rapport avec ses missions officielles pour reconnaître que ce tribunal a échoué dans son objectif premier d’établir la vérité, de rendre une justice équitable, de combattre l’impunité et réconcilier le peuple rwandais".

Ils appellent, à ce titre, le Conseil de sécurité à annuler les projets visant à transférer au Rwanda des accusés et des condamnés de cette juridiction onusienne.

A signaler qu'aucun des détenus condamnés après être passés aux aveux n’a apposé sa signature au bas de ce document.

L'un des détenus les plus en vue du TPIR, l’ex-directeur de Cabinet au ministère de la Défense, le colonel Théoneste Bagosora, accusé d’être "le cerveau" du génocide de 1994, n’a pas non plus signé la déclaration.

La liste des signataires comprend notamment des condamnés, des accusés en jugement ou en attente de procès.

Le TPIR, basé dans le nord de la Tanzanie, a prononcé à ce jour à 29 condamnations et 5 jugements, rappelle-t-on.

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