Vers la promotion de l'industrie halieutique en Libye
Tripoli, Libye (PANA) - Deux ans après la mise en place du plan quinquennal libyen de développement du secteur des ressources halieutiques pour la période 2006/2010, pouvoirs publics et opérateurs du secteur s'orientent vers la promotion de l'industrie de transformation du poisson.
En effet, ses énormes ressources halieutiques placent parmi les pays les mieux lotis dans le monde la Libye qui, avec ses 2.000 km de côtes représente un passage naturel pour 5 espèces de poissons qui trouvent dans ses eaux les conditions favorables de reproduction.
A ces espèces de poissons migratoires s'ajoutent aussi les formidables réserves existant dans le pays. Une récente étude portant évaluation des réserves de poisson en Libye a démontré que 100.000 tonnes de poissons peuvent être extraites du pays sans épuiser ou faire peser une quelconque menace sur ses richesses halieutiques.
Ce secteur, qui emploie 11.000 personnes réparties entre pêcheurs et commerçants dont 35% de Libyens, dispose de 113 zones de pêche identifiées et 12 ports de pêche sur le littoral libyen.
En matière d'équipement, le secteur de la pêche libyen compte une flotte de 294 unités de pêche, 217 petits bateaux, 25 ateliers de fabrication de bateaux de pêche, 17 institutions de formation professionnelle, 7 unités de congélation et de réfrigération des produits halieutiques et plusieurs ateliers de fabrication de glace en morceaux d'une capacité de 37.366 tonnes, en plus de plusieurs autres unités de traitement de poisson.
Une conférence économique libyo-italienne qui a regroupé fin septembre à Tripoli des responsables libyens et leurs homologues italiens de la région de Sicile autour de la mise en œuvre d'une coopération entre les deux pays, s'inscrit dans la cadre de cette nouvelle orientation et vise l'activation de ce secteur vital afin de lui permettre de soutenir le tissu économique libyen à travers l'ouverture de nouvelles opportunités de coopération, technique et commerciale entre les services concernés et professionnels du secteur en Libye d'une part et les institutions de production et de pêche de poisson de la région de Sicile, d'autre part.
Pour Jumaa Al-Ousta, secrétaire général de la chambre libyenne d'industrie et de commerce qui a parrainé cette rencontre, l'objectif est de réaliser des pas importants susceptibles d'ouvrir des débouchés aux produits halieutiques libyens vers le marché européen grâce au soutien du comité populaire général libyen de l'économie, du commerce et de l'investissement et à travers la création de centres de recherches scientifiques et leur habilitation afin d'être homologués par l'Union Européenne pour permettre l'exportation du poisson directement à partir de la Libye et non à partir des points de passages des pays voisins.
En effet, selon M. Ousta, le surplus de la production libyenne de poisson commercialisée par des sous-traiteurs à travers les points de passage frontaliers libyens de l'est et de l'ouest génère annuellement d'après les statistiques disponibles 150 millions d'euros.
C'est dans ce cadre a expliqué le responsable libyen que son institution qui œuvre à promouvoir le secteur de la pêche maritime et à tirer profit de l'expérience sicilienne dans ce domaine notamment les opérations de pêche dans le fonds de plus de 500 m, envisage de signer des accords de coopération avec la partie italienne sur la construction de capacités et d'une base d'infrastructures pour des ateliers, ports et usines de transformation de poisson susceptibles de créer 30 mille emplois au profit des jeunes en chômage.
Pour le responsable des ressources halieutiques de la Sicile Jovanni Di Mauro la coopération avec la partie libyenne sera axée sur la formation scientifique à travers le transfert de l'expérience italienne en la matière en plus de la création de sociétés mixtes pour agir dans les domaines de la pêche et de l'industrialisation du secteur en Libye.
En effet, les autorités libyens conscientes de la plue-value tirées de la transformation, au niveau local, des produits poissonniers concentrent leurs efforts pour la réalisation de cet objectif.
Aux côtés des unités industrielles de mise en boîte de la sardine et du thon déjà existantes, les autorités concernées envisagent la promotion du secteur par la création de nouvelles usines qui contribueront à la croissance économique du pays grâce à l'augmentation du volume des exportations et la création de nouveaux emplois.
Pour cela, les pouvoirs publics libyens ambitionnent, dans le cadre du plan quinquennal d'intéresser le plus grand nombre de citoyens libyens, en particulier les opérateurs économiques à ce secteur prometteur en les encourageant à y investir et à en faire leur principale activité de production économique.
Dans ce cadre, une politique de crédits a été adoptée par l'Etat libyen, permettant aux citoyens d'acquérir un capital et de s'adonner à une activité de production.
Le plan de développement de ce secteur prévoit également l'accroissement des investissements directs de l'Etat notamment dans le développement et la modernisation des infrastructures de base.
Les ports industriels et artisanaux de pêche sur toute l'étendue du littoral libyen seront, dans le cadre de ce plan, modernisés avec des installations adéquates répondant aux critères et normes internationales en matière de pêche, de stockage et de commercialisation du poisson.
Il est prévu également de multiplier la flotte des principaux ports de pêche par l'acquisition de nouveaux bateaux modernes, robustes et équipés de matériel de pointe leur permettant d'opérer aussi bien dans des conditions climatiques extrêmes qu'en haute mer.
La performance en matière de maintenance des installations et des équipements portuaires et la fabrication de ces équipements au niveau local font partie des objectifs inscrits dans le plan de développement du secteur de la pêche en Libye.
Cette modernisation de l'infrastructure portuaire en Libye sera accompagnée également par la valorisation des ressources humaines et, dans ce cadre, un volet très important du plan de développement du secteur a été consacré à la formation et au renforcement des capacités du personnel national libyen à travers l'augmentation des centres de formation professionnelle de pêche et la révision des programmes et méthodes pédagogiques afin de mieux accompagner les mutations qui s'opèrent dans ce secteur au niveau international.
Cette restructuration du secteur de la pêche au niveau de l'infrastructure est destinée, selon le plan de développement quinquennal, à accroître les performances de la Libye dans ce domaine en vue de la rendre plus concurrentielle et favoriser la commercialisation des produits de pêche libyen sur les marchés extérieurs.
L'exportation des produits halieutiques de la Libye est de nature à multiplier les revenus économiques du pays surtout que ces produits sont très prisés dans le monde et assurent des revenus énormes aux pays exportateurs. Comme la Libye dispose d'atouts indéniables dans le domaine de la pêche, ce secteur peut représenter une alternative sérieuse et efficace dans la diversification des revenus du pays et constituer à long terme une alternative au pétrole principale ressource du pays.
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