Pénurie artificielle de carburant au Burundi
| Bujumbura, Burundi (PANA) - Les automobilistes ont été fort surpris, mercredi matin, par une brusque pénurie des produits pétroliers dans la ville de Bujumbura, alors que toutes les stations service fonctionnaient normalement la veille. |
La pénurie est d’autant plus surprenante que la société nationale d’entreposage des produits pétroliers dans la capitale burundaise faisait savoir, mercredi encore, que les quantités disponibles suffisaient à couvrir plusieurs semaines de consommation.
D’autre part, les importateurs n’avaient pas encore épuisé les pourparlers en cours avec le ministère du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme avant d’envisager la révision de l’actuelle structure des prix des produits pétroliers qui ne répondrait plus aux attentes des opérateurs économiques du secteur au rythme où flambent les cours mondiaux.
Des associations de consommateurs ont, pour la première fois, obtenu leur participation aux difficiles pourparlers avec la détermination de peser sur les décisions finales.
Le directeur de Cabinet du ministère du Commerce, Jérémie Banigwaninzigo, avait, cependant, préparé les esprits, en faisant savoir que le Burundi n’était pas un pays pétrolier et qu’il fallait s’attendre à des ajustements concertés aux cours mondiaux.
La dernière révision de la structure des prix de l’or noir remontait à décembre 2007 et le coût du litre d’essence super et du mazout à la pompe était passé de 1.400 Francs burundais (près de 1,4 dollar US) à 1.600 Francs burundais (près de 1,6 dollar US).
Une nouvelle hausse sur les produits pétroliers semble inéluctable, au grand dam des automobilistes et des consommateurs d’autres biens transportés, comme cela se remarque à chaque révision de la structure des prix du carburant.
On ignore pour le moment ce que comptent faire les associations des consommateurs qui ont pris l’habitude, ces derniers temps de hausses intempestives des prix des produits de grande nécessité, de monter au créneau par des actions de masses.
L’Association burundaise des consommateur (ABUCO, la plus représentative) avait frappé les esprits, en janvier dernier, en obtenant de ses membres et sympathisants le boycott momentané des produits de la Brasserie nationale du Burundi (BRARUDI), mais sans faire revenir l’entreprise sur sa décision de revoir à la hausse les prix des bières et des limonades dans des proportions de l’ordre de 15 à 20%.
La BRARUDI avait également sorti, à l’époque des faits, l’argument de l’inflation galopante de l’ordre de 14,5% et du renchérissement des prix de certaines matières premières importées sur le marché mondial, dans des proportions de 100%, pour décider des hausses controversées.
D’autres produits de large consommation sur le marché local, comme le haricot, le riz, les farines de blé, de maïs et de manioc, les pommes de terre, ou encore les bananes et le pain, sont devenus des biens de luxe pour les bourses moyennes qui ne mangent plus à leur faim.
Le gouvernement a eu pitié, mais sans soulager complètement les fonctionnaires de l’Etat qui s’estiment toujours mal payés, en concédant dernièrement, une augmentation salariale de l’ordre de 34%, sans, cependant, l’effet rétroactif attendu d’une mesure qui devait pourtant entrer en vigueur dès le mois de juillet 2007.
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